jeudi 31 mai 2012

Le goût de La Couleur


    Un article différent de l'ordinaire pour parler de mes lectures. Je viens de terminer La Couleur de l'Âme des Anges et je ne me sens pas encore capable de faire un bilan simple sur le roman pour le poster sur mon blog de "chroniques". J'ai beaucoup de choses à dire sur les quelques 100 dernières pages que je viens de lire, et je vais essayer d'organiser tout cela en petits paragraphes blindés de spoilers (j'essaie de les limiter, cependant). 

    Les personnages :
♣ Jeremy : Je commence par le héros du roman, normal me dirait-on, mais c'est aussi parce qu'il est le seul personnage que j'ai vraiment aimé dans La Couleur et que débuter sur des compliments, ça peut faire du bien. Jeremy est pile le genre de héros que j'adore : il a du caractère, de l'humour, il est sensible, intelligent, beau. En gros, c'est le personnage parfait, le héros par excellence, le petit ami qui n'existe pas que je voudrais rencontrer. Bref, il est formidable. Ce qui me pousse aussi à dire que ce n'est pas très réaliste → mais un roman n'a pas à être réaliste, surtout un roman "young adult" fait pour séduire la gente féminine, donc je ne critiquerai pas, et à ce niveau-là, c'est donc un sans faute. Pour continuer sur les éloges que je veux faire à propos de Jeremy, je l'ai beaucoup apprécié parce qu'on sent qu'il est nourri par une plume qui déborde d'amour à son égard. Il a véritablement du relief, il est puissant, il dévore le papier pour en sortir complètement. J'ai rarement croisé des personnages aussi charismatiques dans un roman et du coup, c'est lui qui m'a motivé à me plonger complètement dans la lecture. Ce qui peut, peut-être, casser la grandeur de Jeremy, ce sont les personnages qui l'environnent : honnêtement, je trouve qu'ils sont plutôt là pour le décorer, pour lui donner encore plus de relief, et du coup, je ne les ai pas trouvé intéressants pour un sous. Ce qui est un peu bête, parce que ça m'a détruit, en partie, le plaisir de la lecture. Ils étaient plats, encore moins réalistes que la perfection de Jeremy et c'est assez décourageant.
♣ Allison : J'enchaîne donc sur Allison. Je l'ai tout de suite rejetée de mon coeur en commençant le roman, malgré tout, en avançant dans l'histoire, une fois qu'elle devient Ange à son tour, elle m'a beaucoup plus intéressée. Même si elle était toujours aussi cruche et niaise, elle permettait quand même de faire avancer l'intrigue (qui est le gros point fort de La Couleur) et du coup, elle devenait très intéressante. Ses réactions aidaient l'histoire à évoluer, grandir et devenir quelque chose de palpitant, un vrai film d'action comme je les aime. Mais le moment où j'ai apprécié Allison à sa juste valeur, c'est lorsqu'elle a basculé dans le Rouge. Là, elle est devenue mordante, vive, digne d'intérêt. On n'était plus face à ce personnage fade et dévoré par l'amour comme un hamburger par le MacDonald's (un truc bien indigeste, quoi). Mais ça ne dure qu'un ou deux chapitres, et rapidement, l'Allison abrutie refait surface pour mon plus grand malheur. En fait, Allison est intéressante que lorsqu'on ne la perçoit pas via le regard de Jeremy. A croire que c'est lui qui la rend si molle. Il la vide de sa substance et elle devient vraiment la décoration dont je parlais dans mon premier paragraphe. Du coup, je ne l'ai pas aimé, non pas pour ce qu'elle est, mais pour ce que Jeremy fait d'elle, et donc, plus généralement, pour ce que l'auteur fait d'elle.
♣ Flint : Il était quiffant. Vraiment. J'ai adoré ce personnage ambiguë, dont on ne savait rien, manipulateur. Bref, il possédait toute la panoplie pour devenir le protagoniste le plus palpitant de l'histoire. On le rencontre dès le début, on espère le revoir, et lorsqu'il revient enfin, il devient effrayant, on le craint, on doute de lui, on l'aime aussi, on est attiré comme un aimant vers lui. Bref, Flint, c'était un point fort machiavélique pour l'histoire. Puis, sans prévenir, l'intrigue nous révèle qui il est réellement et là, gros choc, on est au paroxysme du personnage, on sent l'apothéose approcher à grand pas, un peu comme le T-Rex dans Jurassic Park, et là, tu sais pas pourquoi, mais c'est un lézard sans queue qui se ramène et ton coeur se met à saigner devant le gâchis. Je suis cruelle, c'est vrai. C'est pas sympa, mais... Le personnage était si bien amené, tous les éléments étaient là pour nous faire écarquiller des yeux jusqu'où bout, et puis tout à coup, on a l'impression que "l'autre" Flint est le méchant de l'histoire le plus débile de l'univers, il pose des questions stupides à Jeremy (qui se montre vraiment TROP malin), et il déborde de méchanceté au point d'en devenir ridicule. Il cherche le mal par tous les moyens les plus classiques, il devient donc CARICATURAL. Le passage qui m'a le plus perturbé, c'est quand Jeremy, vers la fin, arrive vers lui et lui demande réellement ce qu'il désire (page 424 pour être précise), et là, sa réponse, je l'ai ressenti ainsi : "Oh mon Dieu, je suis comme Chipper dans Dora l'Exploratrice et tu as découvert mes vilains plans, méchant petit Ange trop fort pour moi". Quelle tristesse... J'étais... dégoûtée. Et même sa forme impressionnante qui paraissait "cool" au début devient une espèce de caricature rouge volante. Pitié, quoi.
♣ Lili : Le seul personnage féminin que j'ai aimé. Mais elle est si peu approfondie qu'on n'a pas tellement envie de s'attarder dessus. Son côté femme fatale nous donne l'impression que toute les femmes ne sont que des objets de désir pour les mecs et que c'est uniquement leur but à elles aussi. En fait, même si je l'aimais, d'un point de vue plus général, elle est la définition même de la réduction de la femme dans La Couleur. Déjà Allison semble n'être qu'un corps dont Jeremy tombe amoureux pour enfin se la "faire", mais Lili, c'était encore pire (et oui, je ne peux pas admettre que Jeremy tombe amoureux d'Allison pour sa remarquable personnalité inexistante). Ce jeu de séduction, bien que passionnant, n'a fait qu'écraser un personnage haut en couleur (sans mauvais jeu de mots XD). Après, la révélation qui l'accompagne justifie un peu tout cela, mais encore une fois, c'est ce charmant Jeremy qui découvre tout (je l'ai déjà dit qu'il se montrait vraiment TROP malin ?).
♣ Les autres personnages : Encore une fois, on ne les côtoie pas assez. J'aurais aimé qu'on s'attarde plus sur la famille de Jeremy, qu'on en découvre plus sur certains Anges et Archanges... etc. Après, ce n'est que le premier volume, donc j'en demande sûrement trop, mais malgré tout, je me suis sentie frustrée qu'on ne découvre pas plus de choses sur le passé de Jeremy, sur qui il était vraiment avant de mourir, sur sa mère, sa demi-soeur, son beau-père...etc. Et même les autres Anges ne sont pas tellement passionnants : Einstein est cool, c'est la grande touche de fraîcheur et d'humour dans le roman, le grand-mère et le père de Jeremy étaient sympas aussi (mais on ne les voit qu'une fois vraiment, ce qui peut être assez désarmant, j'aurais pensé que notre héros se serait un peu plus attaché à eux dans sa nouvelle vie plutôt qu'à une meuf dont il devient totalement obsédé). Bref, j'attends de voir le second tome avant de dire des choses négatives sur les autres personnages...

    L'intrigue et l'univers :
Là, ça, c'était dingue ! On part d'une simple petite mort pour arriver à un monde extrêmement bien travaillé et logique (la conclusion de ce qu'est Jeremy était inattendue et palpitante). J'ai adoré la façon dont SAM a bâti pierre après pierre l'univers de La Couleur. Tout est bien réfléchi, chaque parole est pesée pour arriver à une conclusion haute en... couleur ! Bref, du grand art et j'ai beaucoup apprécié cela. 
Les deux ou trois choses qui m'ont gênées sont les suivantes : 
- J'ai trouvé que c'était un peu exagéré que TOUT se passe aux USA, à croire que le monde ne se trouve que sur un seul continent... Vive les Etats-Unis (j'avais fait le même reproche au film Percy Jackson en voyant que même les dieux grecs étaient à New York... ou comment déplacer la culture européenne sur un autre continent, youpi) ; 
- Et l'autre truc, c'est que Jeremy est le seul à nous révéler l'explosion finale. Oui, il est le héros, c'est vrai, mais tout est révélé dans des dialogues un peu lourds et finalement peu convaincants. Jeremy explique tout en pesant ses mots, on a toutes les révélations qui sortent de sa bouche pour échouer en quelques pages et parfois, j'aurais aimé faire CTRL+Z pour que tout soit mieux réexpliqué. Surtout que ceux qui parlent en face de lui n'ont aucune substance et ne posent que des questions bêtes : à croire qu'ils sont la représentation des lecteurs et que Jeremy est l'image de l'auteur qui explique son roman → dans ce cas, y'a une piètre image du lectorat qui se montre, et ce n'est pas très sympathique pour nous.

    Pour conclure, je me montre encore une fois absolument méchante avec un roman de Sophie Audouin-Mamikonian. Je hais être négative, je ne suis pas une fille mauvaise, mais c'est à croire que c'était fait exprès pour que je sorte mon instinct critique... Quoiqu'il en soit, dans l'ensemble, j'ai beaucoup apprécié ma lecture, si ce n'était pas le cas, j'aurais refermé le livre et supprimé de ma PAL pour toujours. Or, je suis allée jusqu'au bout et j'étais prise dans l'action malgré tout, et ça, c'est important pour moi : j'avais de l'appétit pour la lecture en me plongeant dans le roman, donc c'est que je l'ai trouvé très bon.

mercredi 30 mai 2012

Une journée au Louvre

    Le mercredi 30 juin 2012 ~


    Aujourd'hui, j'ai eu le plaisir d'aller me promener au Louvre avec Matilda. Je n'y étais pas allée depuis plusieurs années (excepté début 2012 pour l'exposition Alexandre le Grand) et honnêtement, je suis restée sur le cul, vraiment. La dernière fois que j'étais entrée dans le Louvre, c'était en octobre 2008 et à cette époque là, je n'étais pas encore étudiante, et donc, je n'avais aucune culture G en matière d'art. Et là, aujourd'hui, des tas de choses m'ont sautées aux yeux ! J'ai été perturbée en voyant la Phèdre et Hippolyte de Pierre-Narcisse Guérin (ci-dessus). Comme une idiote, je n'avais pas compris que le tableau se trouvait au Louvre et en entrant dans l'immense salle, quand Matilda m'a dit un truc du genre : "c'est pas Phèdre là-haut ?", j'ai ma mâchoire qui a failli se décrocher. Après avoir traité en long, en large, et en travers le mythe de cette charmante Phèdre, j'avoue que j'ai vécu comme une récompense le fait de tomber nez à nez (ou nez à hauteur) avec ce tableau (qui était mon préféré de tous ceux qu'on a pu voir en litté comparée). Guérin s'est inspiré de la Phèdre de Racine pour peindre ce tableau, et c'est surtout cela que j'ai aimé. Plus le jeu avec les regards, la présence d'Oenone derrière Phèdre qui lui murmure des horreurs pour calomnier ce pauvre Hippolyte qui ne désire que la douce Aricie. Phèdre qui n'ose pas regarder Hippolyte, et Thésée qui l'accuse du regard. Bref, ce tableau est un chef-d’œuvre qui offre la possibilité au lecteur de voir au-delà de la pièce et du mythe. En quelque sorte, c'est une illustration qui vaut toutes les représentations théâtrales possibles à mes yeux. J'aime.

    Et puis, ahhhh, on a eu la chance d'aller à l'exposition de la Sainte Anne de Léonard de Vinci. Jouissance extrême ! C'est le tableau qui a été restauré ces-dernières années et dont la redécouverte est exceptionnelle. On a pu constater à quel point Vinci travaillait sur ses œuvres, il était incroyable ! On a pu avoir le plaisir et l'honneur de voir ses croquis !! J'étais émerveillée par tout cela ! Surtout que d'après la légende sur le côté, ils appartiennent à "Sa Majesté la reine Élisabeth II"... Et... Ca m'a énervé, vraiment. Je me rends compte que des chefs-d’œuvre entiers appartiennent à ces messieurs-dames et qu'ils les prêtent gentiment aux musées pour que les gens aient enfin le loisir de les découvrir. C'est horripilant ! Ces choses là ne devraient pas être dans des galeries personnelles d'individus débordant de pouvoir, c'est une honte ! Ils devraient toujours êtres dans des musées, pour que n'importe qui puissent les voir et en profiter. Bref, je n'ai pas apprécié certaines notes sur le côté des croquis, donc. Mais sinon, on a aussi pu voir des carnets de notes avec des schémas de de Vinci, ainsi que des lettres parlant de la période où il travaillait sur la Sainte Anne. Bref, c'était grandiose ! Sans compter qu'il y avait un INCUNABLE ! J'ai vu un incunable quoi ! Genre, c'est l'un des premiers livres imprimés en Europe, avant 1500 si mes souvenirs sont justes (faudra que je pense à être sûre de mes souvenirs, j'ai un partiel sur les livres imprimés entre le XVI et le XVIIIème la semaine prochaine) ! Quoiqu'il en soit, qu'est-ce que c'était impressionnant ! o_o 

    Pour continuer dans le domaine des livres, on n'a aussi visité une exposition sur le Duc de Berry, il y avait donc des manuscrits du Moyen-Âge inestimables. Et là, je me suis rendue compte que mes études sur l'Histoire de la langue française (et donc des manuscrits et de l'édition) ont été vraiment utiles : j'ai pu percevoir des détails incroyables, comprendre comment ça avait été fait, et tout cela est enrichissant tout comme c'est passionnant. Plus jeune, je n'étais pas vraiment attirée par le Moyen-Âge et tous les manuscrits qu'y pouvaient y être faits, ce sont mes études qui m'ont donné cet attachement pour ces chefs-d’œuvre. Quand on pense que ce sont des hommes comme vous et moi qui ont réalisé ces manuscrits à la main, c'est impressionnant ! Quand on regarde les détails des personnages, les ornementations, l'écriture... C'est d'une beauté ! Et puis, quand on observe bien, on se rend compte que rien n'est laissé vide, même les lignes qui n'étaient pas pleines possédaient une petite décoration pour combler l'espace blanc, et pour quelle raison : bah, le prix du manuscrit. C'est un processus tellement onéreux, il faut se procurer le parchemin, l'encre, la main d’œuvre... etc. Réaliser un manuscrit, quelque part, c'est dépenser la fortune de monsieur facebook en une fois (j'exagère peut-être, mais je ne serais pas étonnée que ce soit vrai). 

    Pour continuer dans les expositions, comme vous pouvez le voir à gauche, on a visité l'exposition temporelle où est mis en avant le buste de Jules César retrouvé à Arles dans le Rhône. Je ne m'y connais pas assez pour en parler avec "intelligence", mais en tout cas, il était bien expliqué que ce portrait de César était le plus fidèle qui puisse y avoir, étant donné que les autres le déformaient "légèrement". Et c'est vrai qu'en faisant le tour du buste, on se rend compte de son réalisme, de sa fidélité "physique". Tout est proportionnel, et on a le sentiment d'avoir vraiment le visage d'un homme sous les yeux. Et rien que sur la photo ci-contre, on peut observer les traits réalistes, des rides sur le front jusqu'aux fossettes, le détail des cheveux, ainsi que les joues plus creusées. Bref, c'est dingue et ça a été fait il y a des milliers d'années !
    J'aurais aimé m'y connaître plus sur le sujet. J'adore la Rome antique et je me rends compte que ma culture n'est pas incroyable sur le sujet. Je pense être plus forte pour parler de la Grèce antique, ou de la Macédoine (XD Alexandre, merci, je t'aime !).



    Pour finir, je vais poster quelques tableaux qui m'ont fait craquer durant la visite (certains ont aussi plu à Matilda, bien sûr !) :

Bronzoni, Portrait d'homme tenant une statuette
Coup de coeur unanime durant notre visite au Louvre. D'un point de vue purement féminin, ce tableau nous a tapé dans l'oeil XD C'est un peu nulle comme explication, mais c'est celle qui m'a convaincu. Mais surtout, ce tableau me fait un peu penser à celui de Friedrich (Le Voyageur contemplant une mer de nuages) que j'ai mis sur mon premier article, à mes yeux, il dégage la même émotion et je suis donc émue. Cependant, ils ne se ressemblent pas du tout, c'est juste mon émotion qui parle.

Benjamin West, Phaëton sollicitant auprès d'Apollon la conduite du char du Soleil
J'ai eu un sincère coup de coeur sur ce tableau. Il m'a rappelé mes souvenirs d'enfance quand je regardais
Fantasia et qu'on y voyait le char du Soleil. Et puis, la lumière horizontale m'a intriguée par rapport au reste du tableau plus sombre. Et les détails à l'arrière-plan sont sensationnels...

John Martin, le Pandemonium
Je ne me suis pas encore renseignée sur ce tableau, mais il m'a immédiatement sauté aux yeux aujourd'hui. Je l'ai trouvé grandiose, et sa violence m'a transpercée. Si j'ai bien compris, il représente un lieu démoniaque où Satan appelle ses "fidèles". Je suis vraiment intéressée par le sujet, donc je me renseignerai prochainement (je sens venir à grand pas ma nouvelle obsession !!).

Girodet, Le Sommeil d'Endymion
Déjà observé en 2008 lorsque j'étais allée au Louvre avec ma mère, j'ai pu retrouver ce tableau et l'apprécier à sa juste valeur. J'adore le jeu avec les couleurs que l'on peut voir ici, ce clair-obscur magnifique. Bien sûr, c'est plus beau à voir en vrai que sur cette photo, mais bon, ça reste assez fidèle à mon souvenir. Ici, on peut donc voir Endymion endormi et la déesse Diane représentée par les rayons de la lune. Ce tableau est magique à mes yeux.

Bertoja, Venus conduit par l'Amour auprès d'Adonis mort
J'avais étudié le sujet en fac à Reims, et je ne connaissais que le tableau de Titien. Or, en arrivant dans la galerie italienne, ce tableau m'a tapé dans l'oeil, puis, en lisant la légende, je me suis rendue compte qu'il s'agissait de Vénus et Adonis, juste après l'horrible mort de ce-dernier. Je trouve qu'il est encore plus beau que celui de Titien, les couleurs plus claires m'ont frappé et puis, il y a une certaine douceur qui se dégage de ce tableau malgré le moment tragique du mythe. Et je suis attirée par les contradictions.


    J'en ai relevé beaucoup plus, mais pour l'article, je pense que ça suffira. Sinon, il y avait aussi l'Oedipe d'Ingres que j'aimais énormément, d'autres tableaux comme ceux de Géricault (inutile de dire que c'est le Radeau de la Méduse), ou encore Antonio Campi, ainsi que d'autres tableaux de Vinci, Guérin, Girodet...etc. Bref, beaucoup de chefs-d’œuvre qui m'ont marqués !

mardi 29 mai 2012

Top Ten Tuesday (3)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français chez Iani. 
 
Le thème de la semaine est :
Les 10 livres qui ont été écrits dans les 10 dernières années que vous aimeriez encore voir lus dans une trentaine d'années par d'autres personnes.
 
 
 Il n'y a pas d'ordre particulier. J'ai eu un peu de mal à choisir, mais finalement, j'ai pu faire une sélection de dix livres (sauf pour Ellana, j'ai mis toute la trilogie et j'aurais bien ajouté tous les romans de Pierre Bottero en général !). Sinon, j'ai essayé de sélectionner ces livres par rapport à ce qu'ils peuvent apporter d'un point de vue littéraire, ainsi que toute la richesse qu'il y a en eux.
Pour
Harry Potter, c'est incontestable, ce livre mériterait des études très poussées (mais je crois connaître quelqu'un qui n'hésitera pas à faire quelque chose de cette idée). Pour Jonathan Tropper, c'était évident. A mes yeux, cet écrivain est un géant de la plume et je rêverai de faire un mémoire ou quelque chose sur lui durant mes études. Pour le livre de Lauren DeStefano, ça me semblait logique aussi, j'ai trouvé qu'il était très poussé et donc que c'était un livre riche et passionnant, d'un point de vue littéraire, on peut vraiment en faire quelque chose.
Pour
A comme Association, j'ai choisi le tome 5, mais tous les autres auraient mérité d'apparaître. Ce volume-ci est juste celui qui m'a bouleversé. Et puis, idem, il y a beaucoup de choses à dire sur cette saga et je prie pour que dans trente ans, elle soit toujours admirée et lue.
Anne Rice, je l'ai mise un peu au hasard. J'ai pris le tome de Quinn parce qu'il possède une grande profondeur et qu'Anne Rice écrit pas de la merde. J'ai donc ajouté
16 Lunes juste à côté, parce qu'à mon goût, il y a le même ambiance dans ces deux romans. L'un plus adulte que l'autre, bien sûr.
Bobby Pendagron a la même valeur qu'Harry Potter à mes yeux, donc je n'ai pas hésité à le mettre dans ce Top Ten. Je les relirai prochainement, parce que je me suis arrêtée au tome 7 il y a près de deux ans alors que j'adore sincèrement cette saga !
Et pour finir,
Derrière les murs de pierre (tome 1). Il faudrait que je le relise pour expliquer mon choix, mais je me dis qu'en matière de Boy's Love français, il a le mérite d'être l'un des meilleurs livres que j'ai pu lire. De plus, s'il on devait se baser sur les "codes" du Boy's Love (j'vais me la jouer façon Boileau, attention), et bien, ce roman respecte vraiment le genre en tout point !
 
Voilà pour aujourd'hui. Hier, je n'ai pas publier de "C'est lundi" parce que je n'ai terminé aucun roman. La semaine prochaine devrait être plus complète, mais pour le moment, Minecraft et les Sims 3 m'ont monopolisés !

Bonne lecture à tous les visiteurs !

vendredi 25 mai 2012

Sur mes lectures (7)


14h31 ~ Home Sweet Home

     Je suis une mauvaise langue.
    J'ai incendié
La Couleur de l'âme des Anges avant même d'avoir lu 150 pages, c'est mal ! Mais bon, c'est aussi le principe de ce blog, je poste ici mes réactions instantanées pendant la lecture d'un roman, donc je ne retirerai pas ce que je pensais plus tôt dans la semaine.
    Alors bon, j'ai bien avancé sur
La Couleur, et plus les pages se tournent, plus j'apprécie ce livre. Il est vraiment agréable pour décompresser avant ou après un examen, bref, c'est une lecture sympa. Après, je n'ai pas trouvé de choses transcendantes à dire et quelque part, tant mieux ! Tous les livres n'ont pas besoin d'être hautement littéraires, sinon ce serait bien triste. Et là, avec La Couleur, je découvre surtout un roman attachant et très divertissant, donc c'est vraiment un plaisir d'avancer dedans. Malgré les quelques petits trucs qui peuvent me déranger...
    Pour commencer, je reviens sur mon article précédent où je parlais de la virginité des personnages. Et bien, 150 pages plus loin, on découvre que non, ils ne le sont pas tous les deux ! Mea Culpa ! J'ai vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Désolée, désolée, désolée ! Même si les premières pages laissaient vraiment supposer que j'étais dans le vrai... Et ça me saoulait profondément.
    L'autre chose qui m'a un peu agacée dans ma lecture, c'est qu'il y a une référence littéraire assez spéciale dans
La Couleur, un petit paragraphe où on voit la petite soeur de Jeremy lire un roman avec son "héroïne préférée" et quelle surprise, il s'agit de Tara Duncan. Donc, Sophie Audouin-Mamikonian fait des références à Sophie Audouin-Mamikonian. Je ne voudrais pas être méchante, mais vue de l'extérieur, je trouve cela très égocentrique. Personnellement (donc, ça n'engage que moi), si je devais faire une référence à un autre livre dans un de mes bouquins, je choisirais un(e) ami(e)-auteur ou un roman qui m'a marqué par le passé. Je ne me ferai pas d'auto-références. Ca donne l'impression d'être imbu de soi-même... Après, c'était sûrement un clin d'oeil aux fans de Tara Duncan ou aux personnes qui suivent SAM depuis le début de sa carrière, donc je suis peut-être méprisante en disant cela. Malgré tout, ça m'a déplu... Soit c'est du narcissisme-littéraire, soit cela signifie que l'écrivain ne s'adresse qu'à un lectorat précis qui l'aurait connu auparavant. Donc voilà... C'est un sentiment assez désagréable pour un lecture comme moi.
    Sinon, l'histoire est vraiment passionnante. J'aime beaucoup Jeremy, par contre je n'aime toujours pas Allison, elle est trop miss parfaite, et c'est agaçant. Jeremy aussi est parfait, mais je suis une fille, Jeremy un mec, ça me séduit forcément les hommes sans défauts dans les romans, donc je ne dirai rien. C'est purement et simplement subjectif.
    Dans l'ensemble, l'intrigue est vraiment bien menée, on veut toujours connaître la suite, on ne s'ennuie jamais, l'univers mis en place est très intéressant et original. J'adore toujours autant le jeu avec les couleurs. Bref, c'est un sans faute, même si je m'attarde longtemps sur les défauts que je trouve pendant ma lecture. Je reviendrai dessus d'ici dimanche, pour l'heure, il faut que je révise mon avant-avant-avant-dernier partiel !

Indication sur ma lecture : je suis page 258

mardi 22 mai 2012

Sur mes lectures (6)


 16h00 ~ Home Sweet Home

    Je suis plongée dans ma lecture de La Couleur de l'âme des Anges, de SAM. Et j'attendais d'avancer un minimum pour en parler ici. Déjà à la lecture du premier tome d'Indiana Teller, j'avais fait pas mal de reproches sur l'histoire, sur l'auteur... etc. Je n'étais pas méchante parce que, malgré tout, j'avais beaucoup apprécié cette découverte. Et là, c'est à peu près la même chose. J'ai déjà des trucs négatifs à dire et pourtant, je dévore le roman très vite. C'est un véritable plaisir, une bonne découverte mais... Quelque chose cloche. Quelque chose que je viens de saisir et qui était déjà l'élément déclencheur de mes reproches sur Indiana Teller : LE PERSONNAGE FEMININ MAJEUR DE L'HISTOIRE. NON ! Je n'avais pas aimé l'héroïne d'Indiana, et là, ça commence très mal avec Allison, la miss dont Jeremy (le héros de La Couleur) va forcément tomber amoureux. On ne la voit pas encore beaucoup, mais elle sent déjà la niaiserie et l'inutilité. Je crois que la romance, ce n'est pas du tout le sujet dont devrait traiter SAM dans ses romans. Elle a une plume géniale, qui est agréable, naturelle, très ironique aussi, mais une fois qu'il commence à être question d'amour ou en tout cas, d'un personnage féminin qu'on suppose devenir l'amante du héros, ça ne va plus. C'est totalement irréaliste. Mais là, dans La Couleur, ça l'est d'autant plus que les personnages ont un certain âge. Jeremy a 23 ans, et Allison doit avoir à peu près le même âge, ou en tout cas, on s'en doute car elle est étudiante et fait des stages dans les écoles. Donc, la virginité de Jeremy peut se comprendre, elle est bien expliquée par le fait qu'il n'ait pas assez vécu pour travailler un maximum, même si je trouve que c'est un peu exagéré dans le sens que : premièrement, c'est un très beau gars (beau brun aux yeux bleus), deuxièmement, il faut bien relâcher la pression de temps en temps (XD) et troisièmement, les garçons ont souvent plus d'avance sur les filles niveau relation sexuelle. Mais Allison. NON ! On croirait que c'était fait exprès pour qu'elle soit aussi pure que Jeremy ! Faut pas exagérer ! C'est une blonde sexy, intelligente, proche de mon âge et elle reste vierge parce qu'elle veut s'économiser pour le mariage. Promesse à sa mère. Mais... MAIS NON ! Je comprends la virginité, je veux bien accepter que l'un des personnages le soit, mais les deux, je trouve que c'est un peu exagéré. Si on veut vraiment mettre en scène des personnages mignons, purs et tout le tralala, pitié, qu'ils n'aient pas plus de 20 ans ! C'est pas crédible plus de cinq pages sinon... Et si c'est par prudence vis à vis de la jeunesse, et bien, je ne me souviens pas de beaucoup de personnages chastes dans les histoires d'amour que j'ai pu lire. Pour prendre des exemples très récents, Rhine dans Le Dernier Jardin l'était, mais l'une de ses soeurs épouses (Jenna) se "prostituait" pour survivre avant d'être kidnappée, et dans Nuit Tatouée, Cléo était tout sauf vierge... La seule héroïne de la prudence sexuelle que je connaisse, c'est Bella dans Twilight... En partie parce que Stephenie Meyer est mormone et donc, la religion, c'est un peu la loi majeure de son existence, le "péché de chair" est donc légèrement proscrit, hein. Et dans les autres romans jeunesses, soit le personnage était vraiment trop jeune pour déjà avoir eu des relations sexuelles, soit c'était par dépit. Donc se retrouver avec deux jeunes adultes vierges... je cautionne pas, j'ai l'impression de voir des moines dans ma tête. La virginité de Jeremy est intéressante parce que, du coup, c'est un regret pour lui de mourir sans avoir pu "pratiquer" cela, mais Allison... Non, quoi, non. En plus, comme par hasard, Jeremy le découvre en épiant une conversation, comme s'il fallait à tout prix qu'il le sache (je suis p.116, donc c'est peut-être important pour la suite du roman... je ne sais pas), mais quoiqu'il en soit, je trouve que c'est vraiment abusé.
    Bref, voilà le gros point noir qui vient de m'attaquer dans ma lecture. Mais dans l'ensemble, j'aime beaucoup ce roman. L'univers est très intéressant, l'évolution du personnage après sa mort, c'est passionnant, et puis, on sent que l'auteur veut en venir à quelque chose de fort. De plus, l'intrigue policière qui est derrière est vraiment sympa. Tout est positif sauf cette espèce de début de romance où Jeremy s'attache déjà à Allison sans comprendre pourquoi. Genre, c'est l'innamoramento sans se voir. Même Ronsard n'était pas si cliché au niveau de la sexualité puisqu'un bon nombre de ses poèmes étaient particulièrement pervers (et par la même occasion, très drôle à interpréter !).
    Sur ce, j'arrête d'être méchante. J'aime bien ce roman et je pars avancer dans ma lecture (en essayant de ne plus visualiser des moines).

Indication sur ma lecture : je suis page 116

Top Ten Tuesday (2)

 
Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français chez Iani. 
 
Le thème de la semaine est :
Les 10 livres que vous avez achetés à cause du titre ou de la couverture.
 
 
1. Indiana Teller (tome 1) de Sophie Audouin-Mamikonian. Je trouvais la couverture vraiment attirante pour les yeux et j'avoue que ça m'a beaucoup motivé pour l'avoir (obtenu en partenariat).
 
2. Delirium (tome 1), de Lauren Oliver. Il est encore dans ma PAL, et je possède l'édition avec la première couverture en rose et noir. Ca m'a fait craquer sur le livre !
 
3. Le Cas Jack Spark (tome 1), de Victor Dixen. Je suis tombée amoureuse de la couverture avant même de lire le résumé. Sans regret, ça a été un coup de cœur pour moi !
 
4. Comme un Chat sur un Sol, de Tooko Miyagi. C'est le graphisme qui m'a séduit dans ce manga, mais d'une manière générale, les couverture des yaoi sont toujours époustouflantes.
 
5. Meurtres sur la Palatin, de Cristina Rodriguez. J'ai été charmée par la couverture ! J'étais dans ma période "antiquité" et ça m'a beaucoup influencé pour découvrir ce roman.
 
6. Divergent (tome 1), de Veronica Roth. Couverture magnifique, dans des tons que j'aime beaucoup !
 
7. Totally Captivated, de Hajin Yoo. Graphisme tellement beau que je bavais en me l'achetant...
 
8. Angel Sanctuary, de Kaori Yuki. J'ai découvert ses dessins avant de savoir ce qu'elle faisait comme manga, et je suis toujours aussi fan d'elle, de ses intrigues, de son graphisme... Tout !
 
9. Le Dernier Jardin (tome 1), de Lauren DeStefano. J'avoue que, cet été, en l'achetant, c'était surtout pour sa couverture que le roman me tentait !
 
10. Les Anges déchus (tome 1), de Becca Fitzpatrick. J'adore la couverture de ce roman. Je ne l'ai pas encore lu, il attend sagement dans ma PAL.
 
 
Voilà pour cette semaine. Je n'ai pas trop aimé le thème, c'était assez difficile de sélectionner puisque je choisis souvent mes lectures par rapport au résumé, à l'auteur ou encore les commentaires positifs que j'ai pu lire. Mais en fait, ce thème nous fait aussi prendre conscience que parfois, la couverture fait beaucoup de choses pour la vente d'un roman ! Ainsi que le titre (même si je n'ai jamais acheté de roman pour son titre...).
 

lundi 21 mai 2012

C'est lundi, que lisez-vous ? (2)

 
C'est lundi, que lisez-vous ?
 
Rendez-vous hebdomadaire instauré par Mallou et repris par Galleane.


Ce que j'ai lu la semaine dernière :



Je pourrais aussi rajouter les 40 pages de CM en Littérature Comparée mais je vais m'abstenir, les deux pièces font donc parties de mes révisions de la semaine dernière pour la dissertation sur le mythe de Phèdre et Hippolyte ; Quant à Nuit Tatouée, très bonne surprise pour moi, comme je l'ai bien expliqué dans mes autres articles. Je ferai ma chronique bientôt sur mon autre blog.


Ce que je lis et compte lire cette semaine :


 Je viens de le commencer dans le train et pour le moment, j'aime bien, c'est une lecture assez légère qui se lit vite. Je vais sans doute avancer dessus ce soir, mon prochain examen est pour samedi et c'est un commentaire composé, donc je ne pense pas réviser à m'en détacher le cerveau.
Sinon, j'ai commencé la série Grimm, et j'aime beaucoup ! Coup de coeur sur les deux premiers épisodes déjà !

samedi 19 mai 2012

Sur mes lectures (5)

18h10 ~ Home Sweet Home

    J'ai enfin pu avancer dans Nuit Tatouée aujourd'hui, il ne me reste qu'une trentaine de pages à lire avant la fin, mais je souhaitais venir en parler rapidement ici avant de le terminer et d'écrire ma chronique sur mon blog officiel. Finalement, ce roman est une grande surprise, j'apprécie de plus en plus le style que je critiquais tant dans mon dernier article. Désormais, il me parait génial. Son côté sec qui alterne avec des passages en italiques plus flous (et plus "lyriques"), ça me plaît beaucoup. J'apprécie la façon dont la langue est travaillée dans ce livre. Je l'apprécie d'autant plus qu'il y est aussi question de la langue en elle-même : les citations et les œuvres qu'aime Cléo font partie intégrante de l'univers du roman. Sans elles, il n'aurait plus le même sens. Les personnages sont souvent comparés à des personnages des pièces de théâtre qu'on peut voir. Surtout Othello. Surtout des tragédies en fait. Et c'est vrai que la tonalité du roman nous donne une impression de tomber dans une tragédie. J'ai l'impression d'exagérer avec ça en ce moment (étant donné que je voyais la même chose avec Le Dernier Jardin de Lauren DeStefano) mais ici, ça me semble vraiment pertinent de le dire. Plus les pages défilent, plus le monde fantaisiste tombe dans une sorte de tragédie moderne sous forme de roman. Parce que de toute façon, c'est ça qu'est le Roman d'une manière générale : un nouveau "support" littéraire qui remplace les "anciens" genres tant aimés comme la tragédie. C'est plutôt pas mal pour quelque chose qui a été si longtemps critiqué que de trouver en lui l'équivalent d'un genre élevé. Bref, j'arrête mes épanchements littéraires là et me concentre à nouveau sur la raison qui fait que l'on peut voir en Nuit Tatouée une tragédie : Déjà, tout ce volume semble n'être qu'une large scène d'exposition (si y'a 5 tomes prévus, j'me marre parce que conventionnellement, une pièce fait 5 actes, faudra que j'aille vérifier), on y présente Cléo, mais aussi Lyn, Tania, Tybalt, et Axel. Et chacun semble représenter un personnage type du roman : Tania la confidente ou peut-être mauvaise conseillère, Tybalt l'amant jaloux, Axel, lui, on ne le voit pas encore assez pour que je dise quelque chose. Lyn... Je ne sais pas encore, peut-être l'élément déclencheur du destin ou de la fatalité qui va tomber sur la tête à Cléo, et bien sûr, cette dernière fait une parfaite héroïne tragique. Ou du moins, elle tend à le devenir. Elle-même le fait comprendre en parlant de Roméo & Juliette, ou encore de Desdémone dans Othello. Tout cela, je n'ai pas le sentiment de l'inventer, je crois que c'est hautement suggéré par l'écrivain. Et franchement, c'est passionnant. Quelque part, si l'auteur se place dans un mouvement qui redonne un sens à la tragédie, et bien, à mes yeux, c'est un message d'espoir : la littérature ne mourra pas demain. Il y aura toujours, de Sophocle à nous, quelqu'un pour garder en tête que les faiblesses humaines sont toujours bonnes à mettre en scène, à jeter sur le papier et à immortaliser.
    Je ne sais pas si je suis claire ou convaincante dans mon charabia, mais en tout cas, il me semble percevoir quelque chose à travers ce livre. Ca vient tardivement pour mon esprit compliqué, mais je ressens enfin plus qu'une simple lecture passive avec
Nuit Tatouée. Et tant mieux !

Indication sur ma lecture : je suis page 203

mercredi 16 mai 2012

Sur mes lectures (4)

20h22 ~ Home Sweet Home

    Je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de lire aujourd'hui. Quelques pages dans le train seulement, j'espère rattraper le cap ce soir, sauf si je suis trop épuisée pour le faire. Les cours sont de plus en plus violents, plein d'examens qui se succèdent. Je me suis ridiculisée sur ma dissertation d'anglais ce matin, le talent n'était pas avec moi. J'espère malgré tout qu'il m'accompagnera samedi matin et que l'anniversaire de mon frère me portera chance. Aujourd'hui, ce n'était qu'un coefficient 2... Samedi, c'est la Littérature Comparée, coefficient 8. Ca va faire mal.
    Bref, pour en revenir à mes lectures, je n'ai donc avancé que de quelques pages sur
Nuit Tatouée. Je suis de plus en plus fascinée par ce roman. Par contre, je l'aime moins que ma lecture précédente, parfois, je trouve que le rythme est beaucoup trop rapide et le style très personnel de l'auteur ne me plaît pas toujours (question de goût, sinon c'est un excellent style que j'apprécie parfois, mais pas à l'heure actuelle). A certains moments, les phrases sont beaucoup plus hachées que d'ordinaire, sans sujet par exemple, et ça peut sembler déconcertant. Bien sûr, c'est justifié par le côté très urbain du roman, très apocalyptique. Donc finalement, la forme est en harmonie avec le fond. C'est juste moi qui ai parfois du mal. Sinon, les moments où Cléo rêve sont incroyables et écrits d'une belle plume.
   L'autre chose importante à dire sur ce livre, c'est qu'il est loin d'être pour la jeunesse. On y trouve des scènes violentes, voire gores et puis, deux ou trois suggestions de sexe (au moment où j'en suis). Même si l'acte n'est pas détaillé, les images s'installent facilement dans la tête et puis, comme je le disais plus haut, le style d'écriture assez particulier de l'auteur rend cela encore plus foudroyant. Le langage est assez sec, donc il n'y a aucune place pour la douceur (surtout concernant Tybalt). Après, je ne suis pas une gamine, donc ça ne me dérange pas, c'est plus le "déconseillé au moins de 13 ans" qui me choque, un "moins de 15 ou 16" aurait été plus juste. Ou alors, je suis déjà vieux jeu à 22 ans... (ce qui n'est pas impossible quand on voit des petites pétasses de 9 ans se pavaner avec des talons, des sacs à main et du maquillage
=> ou comment attirer les pédophiles comme des mouches à merde... Une véritable honte.).
    Malgré tout, j'adore cette lecture. Sincèrement. Je me suis d'ores et déjà attachée à Lyn, même si on ne l'a pas encore beaucoup vue.

Indication sur ma lecture : je suis p.169... c'est tout.

mardi 15 mai 2012

Top Ten Tuesday (1)


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français chez Iani.

Le thème de la semaine est :
10 livres dont vous n'attendiez pas grand chose mais qui vous ont positivement surpris.


1. Le Livre de Joe, de Jonathan Tropper. Je me souviens l'avoir commencé un peu au hasard, en me disant que ça allait me distraire, et en réalité, ce roman a propulsé Tropper au rang d'icône à mes yeux. Il est devenu mon écrivain contemporain favoris !

2. Lorenzaccio, d'Alfred de Musset. A mes yeux, ce n'était qu'un livre de cours que je devais lire, du coup, je l'ai commencé en me disant que c'était une charge. Mais c'est grâce à cette "pièce" que mon amour pour Musset est né, et tout comme pour Tropper, Musset est devenu un Dieu pour moi. Je fais tout le temps des références à son Œuvre et j'ai tendance à partir en éloge pleine de passion quand je parle de lui.

3. Mémoires d'un fou, de G. Flaubert. Idem, c'était de la "littérature classique", je m'attendais à quelque chose de "chiant" (j'avais 16-17 ans quand je l'ai lu, je crois), et j'ai été très surprise par cette lecture.

4. 16 Lunes, de Margaret Stohl et Kami Garcia. Il était très apprécié sur la blogosphère au moment où je l'ai acheté. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et je n'avais pas envie de le commencer dans les jours qui venaient, puis un matin, je cherchais une lecture et j'ai décidé de lire 16 Lunes. Coup de foudre. Cette saga est entrée dans mon cœur immédiatement !

5. La Cantatrice Chauve, E. Ionesco. Je n'avais encore jamais lu de théâtre de l'absurde, et je partais avec beaucoup d'appréhension. Finalement, cette pièce a été une surprise immense pour moi !

6. J'irai cracher sur vos tombes, de B. Vian. Avant de le lire, je ne bouquinais pas souvent, bien au contraire, je détestais presque ça. Et... je n'attendais pas grand chose de cette œuvre, or aujourd'hui encore, elle fait partie de celles qui m'ont le plus marquées et influencées.

7. Le Voyage d'Anna Blume, de Paul Auster. On devait le lire pour la fac en L1, et... à cette époque, je craignais toujours les lectures qu'on nous donnait. Finalement, ce livre était exceptionnel et j'ai encore des images vives en tête.

8. Le Barbier de Séville, de Beaumarchais. Je devais le lire en 1er ES et je me souviens l'avoir dévoré et ça a été une pure surprise pour moi. J'ai été séduite par cette pièce et elle a fait naître en moi le plaisir du théâtre (que je haïssais avant et que j'admire désormais).

9. Cut de Toko Kawai. J'adore le yaoi depuis des années, mais souvent, les histoires sont toutes les mêmes, avec le but ultime de voir deux hommes baiser ensemble. Ce manga m'a fait découvrir que Toko Kawai était une mangaka extraordinaire, et qu'elle savait manier (en plus du crayon) des scénarios originaux et plein d'émotion.

10. Œdipe Roi, de Sophocle. Je le mets en dernier parce qu'il a juste provoqué mon amour pour la Grèce Antique. Sinon, je m'attendais déjà à quelque chose d'assez dingue.


Voilà pour ce premier Top Ten Tuesday, le thème était assez difficile pour moi, étant donné que je suis très très bon public et je pars rarement avec peu d'attente d'une lecture. C'est assez rare, si ce n'est pour les livres de cours ou autres romans qui ne me disent rien du tout !

Sur mes lectures (3)



15h43 ~ Home Sweet Home

    Je suis en train de dévorer Nuit Tatouée de Charlotte Bousquet. Je le dévore si bien que sans mon examen d'anglais de demain matin, je pourrais l'avoir terminé aujourd'hui. Mais voilà, Beckett avant tout, il faut donc que je concentre pour le reste de la journée.
    Pour le moment, je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre si ce n'est qu'il est intéressant. L'écriture est très belle et les descriptions sont parfaites (et glauques en même temps). Au début, j'ai eu du mal à entrer dans le roman, puis au fur et à mesure, on s'habitue à l'univers et on voit de mieux en mieux où veut en venir l'écrivain. Quoiqu'il en soit, je suis surtout séduite par l'écriture de l'auteur ainsi que par l'univers post-apocalyptique de Paris. Il y a une scène particulièrement violente et effrayante qui se passe dans les couloirs du métro, et je peux jurer qu'en rentrant cet après-midi, je ne regardais plus le métro de la même façon. J'imaginais l'héroïne y courir, manquer de mourir et surtout, les bêtes immondes qui grouillaient dedans. Bref, c'était plutôt flippant. La prochaine fois que je prendrai la ligne 4, j'y penserai (puisque la scène se déroule entre Réaumur-Sébastopole et Etienne Marcel).

    Article peu constructif aujourd'hui. Je n'ai pas encore eu d'illumination pour ce roman, mais je l'apprécie beaucoup. C'est une agréable surprise. Le concept est assez original et l'univers décrit est très gothique. Bref, ce sont toutes les qualités qu'il faut en ce moment pour qu'un livre me séduise : belle écriture, gothisme et originalité. Sans compter les multiples citations d'oeuvres littéraires majeures comme Othello, Cyrano de Bergerac ou encore Horace.

Indication sur ma lecture : je suis p.149

lundi 14 mai 2012

C'est lundi, que lisez-vous ? (1)

J'ai décidé de reprendre le concept de "C'est lundi, que lisez-vous ?" sur ce blog. Ca fait longtemps que je le vois sur la blogosphère littéraire, tout comme le rendez-vous du mardi, et j'ai bien envie de les tenter. J'espère m'y tenir, et surtout, j'espère avoir toujours un livre sous la main à proposer ici !


C'est lundi, que lisez-vous ?

Rendez-vous hebdomadaire instauré par Mallou et repris par Galleane.


Ce que j'ai lu la semaine dernière :

  


Deux mangas bouquinés à la fnac et un seul roman qui se trouvait dans ma PAL depuis l'été dernier. J'ai adoré le roman (comme on peut le constater sur mes autres articles) et les mangas aussi, avec une préférence pour le second tome de Conductor, même si le septième volume de Gakuen Ouji m'a bien fait rire !

Ce que je lis et compte lire cette semaine :



J'ai aussi plusieurs pièces de théâtre pour les cours à relire avant un partiel samedi (quatre pièces sur le mythe de Phèdre et Hippolyte + l'intégralité de mes CM à revoir = ne prenez jamais la Littérature Comparée quand vous n'êtes pas organisés). Et j'ai aussi une lecture en cours que je reprendrai sans doute la semaine prochaine =) J'aime faire des pauses dans mes lectures, ça m'arrive régulièrement, et souvent pour les livres que je ne veux pas finir tant ils me plaisent !

Sur mes lectures (2)


 13h54 ~ Université (entre deux cours)
/!\ J'essaie de ne pas spoiler dans cet article,
mais malgré tout, des éléments de l'histoire sont révélés.

    J’ai beaucoup avancé dans ma lecture du Dernier Jardin de Lauren DeStefano et certains jugements que j’ai pu porter sur les personnages et l’histoire en générale se modifient un peu. En particulier mon jugement sur Lindin (et celui sur son père). Je vais commencer à parler de son père :
    Vaughn me répugne
désormais. Lorsque j’ai écrit mon article hier, je n’étais pas encore à la moitié du roman, et ce personnage semblait dégager un côté pathétique de même qu’une profonde antipathie. Bref, il était encore nuancé, peut-être parce qu’on ne le voyait pas encore régulièrement. Mais au fil des pages, la haine que l’on peut éprouver pour lui s’amplifie. Il devient vraiment un monstre de cruauté. Et la magnifique écriture de l’auteur nous plonge d’instinct dans cette colère. On a l’impression que le personnage est à côté de nous, lorsque Rhine parle de lui, on ressent ce qu’elle-même ressent en sa compagnie : « Mais en lieu et place des lèvres chaudes de Linden et d’un sentiment de réconfort, le baiser de Vaughn envoie un million d’insectes ramper le long de ma colonne vertébrale. Père et fils ont beau se ressembler de façon frappante, on ne peut imaginer deux êtres plus dissemblables ».
    Et c’est aussi vers ces pages là que j’ai commencé à mesurer l’ampleur d’un personnage comme Linden. Je le décrivais comme cruel par rapport à ce qu’il conçoit avec Cecily, mais sa naïveté, sa douceur et sa pureté ont dominé ce comportement malsain. Peut-être ai-je jugé trop vite ce comportement comme malsain, d’ailleurs. Je l’ai reçu comme une lectrice du XXIème siècle, et non comme une fille se propulsant à l’époque du roman. C’est un monde dystopique, post-apocalyptique et en même temps archaïque. Auparavant, ça arrivait souvent aux jeunes filles de treize ans d’attendre un enfant, et dans notre actualité, la moyenne d’âge doit être proche des vingt-cinq ans. Du coup, j’ai été profondément choquée, mais dans la morale du roman, c’est tout à fait normal pour une jeunesse condamnée à la mort rapide que de procréer durant la fin de l’enfance, au moment où la fille est réglée.
    Bref, pour revenir à Linden, il me paraît donc de moins en moins malsain. Il est prisonnier, lui aussi, de cette fausse utopie. Il a grandi avec les mensonges de son père et ne sait pas ce qu’est la liberté. Il l’aperçoit, peut la toucher du bout des doigts, mais à la fin, c’est toujours son père qui l’emporte. Toujours cet homme qui domine. Et Rhine s'en rend compte au fur et à mesure que l'histoire avance. Elle doute. Je doute avec elle.

    Si je m’arrête à nouveau sur les personnages du roman, ce n’est pas parce qu’il n’y a absolument rien d’autre à dire dessus, c’est juste parce que ce livre nous offre des personnages en relief. Ils dominent la page et sortent du papier. Ils sont crédibles, très crédibles.

    Je m’interroge donc énormément sur ce roman qui est une véritable surprise pour moi. Comme je l’ai déjà dit quelque part, je n’en ferai pas un coup de cœur, cependant, c’est un livre qui mérite beaucoup d’attention. J’ai déjà lu quelques dystopies (pas beaucoup) et je dois dire que celle-ci est plus profonde qu’il n’y parait. Certes, nous n’avons pas beaucoup de détails dessus, mais on la vit de l’intérieur, sans la surplomber et c’est cela qui la rend d’autant plus dramatique et violente. C’est une dystopie dont on ne sait rien (à l’image de La Route de Cormac McCarthy). Un sentiment étouffant s'en dégage alors. 

17h40 ~ Home Sweet Home

    Je suis à dix pages de la fin. Le train ne m'a pas autorisé à achever ma lecture, et comme je n'avais pas envie de louper mon arrêt et me retrouver à Château-Thierry, j'ai été obligée de m'arrêter au moment même où le roman devient palpitant.
    J'ai de plus en plus d'affection pour les personnages du
Dernier Jardin, et plus les pages se tournent, plus je me demande si Rhine prend la bonne décision. Linden est parfait. Si je devais dire qu'il existe UNE utopie dans cette histoire, c'est dans le cœur de ce personnage qu'on peut la trouver. Il est un peu l'homme parfait, le mari idéal, et par la même occasion, celui qui donne à manger à l'oiseau en cage. On se rend compte que si Rhine était un animal sauvage, la bienveillance de Linden, son ignorance, ses faiblesses, tout cela domestique de plus en plus la jeune fille. Et c'est compréhensible. Qui pourrait être indifférent à un homme tel que lui ? Il se sait condamner mais son coeur continue de battre pour d'autres personnes que pour lui-même. Bref, au stade où j'en suis, Linden devient peu à peu mon personnage favoris. Peut-être est-ce dû au fait que Gabriel est absent sur les derniers chapitres du roman... Je n'en sais rien. Peut-être que dans une page, je basculerai à nouveau vers ce personnage là. Pour l'heure, j'admire Linden. Et comme je l'ai dit plus haut, s'il est celui qui prend soin de l'oiseau en cage, il est aussi un prisonnier dans une maison, et Vaughn est celui qui détient les clés de cette maison.

dimanche 13 mai 2012

Sur mes lectures (1)


    En ce moment, je suis en train de lire le premier tome de Dernier Jardin, un roman classé young adult, de Lauren DeStefano. Ce livre me fait beaucoup réfléchir, et même si je ne peux pas encore construire de chronique dessus, j'ai rédigé quelques petites choses sur les personnages du roman. Je pense qu'il y a beaucoup de remarques à faire sur ce tome 1, c'est une écriture intelligente et qui vaut la peine qu'on s'arrête dessus. Mais ce n'est pas le propos de cet article. Beaucoup de passages du livre me marquent et les différents personnages sont particulièrement forts, c'est là-dessus que je voudrais m'exprimer dans ce billet.

Les Personnages :
    ♠ Rhine : Je déteste les héroïnes. Je le dis à chaque fois que je lis un roman avec un « je » féminin. Mais une fois n’est pas coutume, je suis à nouveau extrêmement surprise par la beauté du personnage. Rhine me touche énormément. Je ne saurai pas comment expliquer correctement, mais l’auteur exploite tellement bien son intrigue que son héroïne n’est pas commune. Ses réflexions, ses actions, tout ce qui la compose est profondément humain. Malgré la courte vie qu’elle traverse, il n’y pas de pathos exubérant et redondant. Il y a une certaine accoutumance face à l’issue fatale qui attend les personnages. Rhine a une volonté de fer, et même lorsqu’elle se laisse aller auprès des personnages qu’elle a juré de mépriser, il y a une humanité et une empathie chez elle qui passe naturellement. C’est un personnage fort, profond et que j’admire beaucoup. Elle a tout de même des faiblesses, mais elle en fait toujours une force.
    ♠ Linden : C’est un enfant. Pour moi, le véritable orphelin de ce roman, c’est ce garçon perdu dans un corps de jeune homme. Il est extrêmement antithétique : à la fois, il dégage une pureté ainsi qu’une innocence incroyable, et à la fois, à l’image de l’enfant, c’est un personnage parfois cruel. Je trouve qu’il est cruel d’être à ce point pur alors qu’il est - en quelque sorte - le monstre de l’histoire. Il est le kidnappeur, comme le souligne Rhine à la page 171 : « Mon ravisseur me serre contre lui, et je m’endors, bercée par le son de sa respiration ». Cette phrase m’a énormément touchée, et c’est à ce moment précis que j’ai pensé avoir saisi toute l’ambiguïté du personnage. Il est souvent décrit comme faible, mais mon instinct me dit qu’il ne l’est pas, c’est un enfant perdu, qui ne recherche pas forcément de l’attention, mais un espoir. Malgré tout, il a aussi un côté pervers et malsain que l’on ne voit pas directement. Il m’a choqué par rapport à la petite Cecily, par rapport à ce qu’ils créent ensemble, et c’est à ce pivot de l’histoire, après ce matin où Rhine ne reconnait plus sa sœur épouse, que Linden m’a dégoûté. Il m’a dégoûté parce que je n’arrivais pas à oublier ce moment de l’histoire alors qu’après Rhine, il est le personnage le plus beau du roman, le plus beau par sa fêlure, je trouve. C'est un garçon en quête, et ses dessins sont le reflet d'un manque, d'une absence de vie et de ses peurs.
    ♠ Gabriel : Il est le personnage un peu « cliché » du roman, le garçon inattendu qui sert un peu de fil conducteur à l’histoire. On se doute très tôt qu’il est celui dont Rhine va tomber amoureuse. Mais malgré tout, c’est un personnage surprenant, qui est agréable et dès qu’il apparait dans les chapitres, il apporte une certaine vérité. Gabriel n’est pas effacé, c’est celui dont on peut le plus dégager les traits. Tout se dessine quand il apparait. De plus, je doute que le choix du prénom soit tout à fait un hasard, Gabriel est un archange, c’est le messager, celui qui fait le lien entre Rhine et la maison où elle est retenue au début, puis celui qui fait le lien entre Rhine et la liberté par la suite. Ses yeux bleus représentent l’évasion, l’océan. Il est porteur d’espoir et sa soumission n’en est que plus cruelle. Dans le huit-clos qu’est ce premier tome, il est sans doute celui qui est le plus prisonnier. Ce garçon porteur de liberté est le plus captif. C’est un ange qui ne peut pas déployer ses ailes. Et de ce fait, il devient beau. Et pour ces raisons, il est mon personnage préféré, pour cette gueule un peu cassée en intérieur, et cette force libératrice qui émane de lui. Sa sincérité est sa force.
    ♠ Jenna et Cecily : Elles sont toutes deux opposées et se ressemblent dans leurs désirs respectifs. L’une se bat pour ne plus avoir d’espoir, et l’autre se bat pour ses illusions. Elles sont bancales et de ce fait, inachevées. Particulièrement Jenna. Elle est la plus âgée, mais elle est aussi la plus blessée et celle qui n’a pas réellement vécue. A l’inverse, Cecily est caractérielle, fabriquée pour avoir cette vie de prisonnière et pour grandir dans cette utopie mensongère. C’est le personnage type du mensonge et qui s’y attache. Elle me rappelle un peu le personnage de Conor, dans la série Angel, qui déclare à la fin de la saison 4 : « ce mensonge me paraissait pourtant plus beau ». Elle court après ses chaînes et les aiment parce que, quelque part, elle sent qu’il n’y a pas d’issues et qu’il vaut mieux se fier à cette comédie qu’à la véritable tragédie de son existence.
    ♠ Vaughn : Vaughn est le « vilain » de l’histoire, celui qui met des bâtons dans les roues aux personnages, même pour son fils. Il est l’incarnation de la cruauté et de la domination. Bref, il est fait pour être haï et n’échoue pas dans ce rôle. Malgré tout, c’est le fait de la dystopie qui semble l’avoir mené à agir comme un monstre. Il a les moyens d’agir comme tel et il ne fait que se lier à sa propre fatalité. Du coup, on a parfois le sentiment qu’il est le personnage le plus à plaindre. Il semble, lui aussi, avoir énormément souffert, mais l’action au présent du roman nous empêche de nous apitoyer sur lui. C’est son comportement dans l’instantané qui est jugé et qui le dresse comme la figure du monstre. Mais en même temps, cette figure du monstre est la figure tragique par excellence, l’être qui doit périr parce qu’il se laisse aller à ses désirs. Vaughn est celui qui sombre, celui qui nous montre ce qu’il ne faut pas faire et qui devrait mourir à la toute fin. [du moins, c'est ce que je ressentais à moins de 200 pages du roman]

    Les autres personnages ne sont, hélas, pas assez étendus pour en tirer une micro analyse. Et j’attends avec impatience l’apparition de Rowan, je suis sûre qu’il sera tout aussi profond que les autres personnages du roman. S’il apparait un jour…


vendredi 11 mai 2012

Arrivée en ces terres

Bienvenue sur mon journal,

Je ne sais jamais quelle forme donner au premier article que je poste sur un nouveau blog. Je ne sais pas si je dois présenter ce qui va venir ici, ou si je dois simplement commencer la rédaction du journal tel que je veux qu'il soit, c'est-à-dire avec mes humeurs, mes commentaires sur les lectures en cours. Bref, tout un tas de choses (ça ne peut que prendre réellement forme avec le temps).

Pour l'heure je dirais simplement que j'ai besoin de ce blog à part, un blog qui ne concerne pas grand monde si ce n'est moi. Je suis une fille totalement désorganisée et assez paumée depuis quelque mois. Je me cherche encore et surtout, j'ai besoin de trouver un but à mon quotidien, d'en faire quelque chose qui me plaît. C'est excessivement difficile parce que je remues beaucoup et suis incapable de me contenter d'une seule et même activité. Je m'éparpille constamment et parfois, cela me mène à de très mauvaises surprises. Du coup, ce blog a principalement pour but de me remettre dans le droit chemin, de me conformer à une existence que je méprise tant : celle de l'habitude. Mais aussi celle du sérieux... Parce que, d'un côté je ne supporte pas cela, mais d'un autre, j'admire les gens qui sont capables d'être organisés, d'être toujours en avance sur les autres et surtout, qui ne se laissent pas distraire par des millions de choses à la fois (ma spécialité). Je voudrais faire partie de ces gens et c'est pour cette raison que je vais ouvrir ce blog. 

Mais pas seulement, ce blog a pour but d'être un journal, certes, mais aussi de partager les choses que j'aime et de les développer comme je voudrais qu'elles le soient. Je garde souvent tout dans ma tête et avec le temps, j'oublie certaines réflexions que j'ai pu avoir sur tel ou tel roman en même temps que je le lisais, sur tel ou tel film que je regardais ou encore sur les gens, en  général. Bref, je veux faire de ce blog mon guide en plus d'être l'outil qui me permettra d'ouvrir mes passions, de me laisser aller à ce que je ne sais plus tellement faire : avoir une parole utile et sans retenue. Je ne veux me fixer aucune limite...

Le tableau de l'article : Le Voyageur contemplant une mer de nuages de Friedrich (1818).
Je ne l'ai pas choisi par hasard, bien au contraire, il représente la figure romantique du XIXème siècle, c'est donc un tableau excessivement littéraire à mes yeux et qui m'éclaire beaucoup. Le désenchantement, pour moi, n'a pas un goût ancien, au contraire, je trouve que certains romans de la première moitié du XIXème siècle n'ont jamais été autant d'actualité que de nos jours, pour ma génération à moi. Ils prennent un sens tout à fait familier et déjà, lorsque j'étais plus jeune, je ressentais certaines vibrations similaires à mes sentiments au travers de ces textes, et maintenant que je réfléchis un peu plus sur la question, c'est devenu quelque chose d'évident pour moi. L'Histoire est répétitive et aujourd'hui, nous sommes coincés dans un monde figé entre le passé et le futur, mais dont le présent n'est vraiment pas un cadeau, il ne représente qu'une immobilisation décevante et une perte d'espoir catastrophique. Nous n'avons ni but, ni illusion, ni croyance, ni attente. Juste des chaînes invisibles et uniquement des chaînes...